La loi de l’offre et de la demande présentée comme une règle de fonctionnement incontournable, est-elle vraiment acceptable ? Cette loi, qui fait la part belle au « marché », est démontrée par force équations ce qui semble lui donner une légitimité. Cependant l’émotion a été vive lorsque nos cieux ont été perturbés par le volcan islandais, et que les hôtels des villes aéroportuaires ont saisi l’aubaine en multipliant le prix de leurs chambres par deux, illustration tout à fait conforme à la manière dont sont évalués nos produits de consommation. Or que diriez vous de payer plus cher votre pain quand il y a la queue à la boulangerie, de voir le prix des prestations augmenter dans un hôpital suite à un accident ou à une épidémie générale, d’avoir un ticket de bus à un tarif double aux heures de pointe, etc ? Cette manière de justifier l’irréalité des prix semble perverse, parce qu’elle dématérialise le travail réalisé, pour ne valoriser que le « pouvoir d’achat ». L’argument, apprécié par tous, pour défendre ce système est la fameuse « liberté d’entreprendre »…Mais que seraient nos rues si nous nous étions tous entendus pour défendre « la liberté de circuler »…plus de panneaux, de limitations de vitesse ou de feux pour que chacun puisse se déplacer en toute liberté !! On pourrait alors faire des études sociologiques sur les comportements et donner à quelque chose près le pourcentage de débrouillards, d’aventuriers et de timides…et même faire des courbes mathématiques pour démontrer les chances de survie de chaque individu selon les qualités utilisées pour circuler….Est ce une manière d’organiser une vie ensemble ? Nos façons de modéliser, d’analyser, de conclure sont faussées par une acceptation tacite de paradigmes contestables. En redonnant à chaque individu la confiance dans son propre pouvoir et l’horizon d’un projet sociétal plus humain, nous passerions peut être, d’un monde de chiffres à une société de l’être !