Lisant un essai*, à propos des principes fondamentaux de la pleine conscience, j’ai été interpellée par la notion de « dureté des pensées ». La pleine conscience consiste à adopter intentionnellement une attitude de présence attentive et bienveillante à chaque instant de nos vies. Cette manière d’être, nous éloigne des ruminations inutiles et délétères, et permet de maximiser notre « intelligence de perception » des opportunités présentes du quotidien. Cette pratique est utilisée officiellement depuis longtemps déjà par les thérapeutes pour soigner corps et esprit, et notamment pour réduire les effets néfastes de la souffrance et du stress.

Parmi les différents conseils proposés, l’auteur parle des pensées qui vont et viennent dans nos têtes sans que nous ayons vraiment de contrôle sur leur naissance et leur profusion. Parmi elles certaines sont neutres mais d’autres sont très chargées émotionnellement, et nous impactent fortement. La place qu’elles prennent alors leur donne plus de réalité à nos yeux, et les transforment en certitudes, en « vérités absolues » ! L’auteur donne l’exemple des : « C’est de ma faute » et « On m’a fait du mal ». Ces pensées qui « durcissent » détruisent et n’ont pas d’intérêt. En lisant ce texte j’ai eu le sentiment qu’on pourrait appliquer cette analyse à de nombreuses circonstances. En entreprise, par exemple, on rencontre beaucoup cette problématique, notamment dans les relations interpersonnelles. Combien de fois on entend « Il le fait exprès pour m’embêter », « Elle m’en veut » et autre « De toute façon, ils m’ont dans le nez ». Sans vouloir minimiser l’intérêt d’expliquer les différentes réactions et de percevoir les signaux faibles dans nos relations avec les autres, il n’en demeure pas moins que ces pensées une fois installées ne laissent pas la place à autre chose de différent. Laisser « durcir » nos conclusions nous entraîne sur une posture figée qui ne fait qu’aggraver la situation. Prendre l’habitude de relativiser nos conclusions, en acceptant la part d’interprétation qui nous est propre, et la connaissance partielle des circonstances, est un premier pas vers la souplesse, et donc la légèreté. Même dans le quotidien, tout comme pour un paysage, nos alter ego révèlent bien des choses, quand on pose sur eux l’œil de l’étonnement plutôt que celui de l’attendu. On peut s’entraîner sur l’automobiliste qui nous a énervés en klaxonnant ce matin dès que le feu est passé au vert ! On peut se culpabiliser de notre mauvaise conduite ou affubler immédiatement l’individu d’un tas de noms d’oiseaux mais si on commence à imaginer qu’il avait peut être une urgence, venait de se faire licencier, n’avait plus de frein, avait perdu un proche, était de mauvaise humeur…ou aux mille autres raisons de le faire… Alors notre stress diminue…

J’ai découvert combien les pensées fluides, encouragées dans la pleine conscience, libèrent l’esprit.

  • Mindfullness : apprivoiser le stress par la pleine conscience de Edel Maex aux Editions de Boeck